Etat d'esprit

Rester zen en toutes circonstances: les 3 leçons tirées du monde chaotique de l’événementiel !

Comment gérer son stress ? C’est la question du siècle à laquelle mille et une réponses ont déjà été données: le yoga, la méditation, l’alimentation, le sport, le chant, la respiration, le rire, telle méthode révolutionnaire ou le remède X … pour n’en citer que quelques unes. Tout est dit ou presque.
Alors pourquoi l’événementiel ?

Le site Allodocteurs.fr partageait récemment le résultat d’une étude américaine qui classait, parmi plus de 200 professions, les 10 métiers considérés les plus stressants au monde. Les voici :

1 – Militaire
2 – Pompier
3 – Pilote d’avion
4 – Officier de police
5 – Organisateur d’évènements
6 – Responsable de communication
7 – Cadre d’entreprise
8 – Animateur
9 – Journaliste
10 – Chauffeur de taxi

Classé en 5ème position, juste derrière ces professions où l’on risque sa vie, se trouve l’organisateur d’événements.

Surprenant ? Pas tant que ça ! Si participer à un concert au stade de France ou à un festival de 50.000 personnes est pour beaucoup d’entre nous une source de joie et de plaisir,  pour l’organisateur de l’événement, c’est un traitement de choc à l’adrénaline pure.

C’est non seulement une responsabilité extraordinaire en matière de sécurité, mais les enjeux d’organisation sont, eux aussi, énormes. En un temps record, il faudra monter les scènes, les décors, le son et la lumière, régler les problématiques de mobilité, de stationnement, s’assurer du contrôle d’accès, sans oublier l’organisation des bars et des stocks, la coordination des services médicaux et des pompiers, la gestion des infrastructures, … car à l’heure H, le jour dit,  tout doit être prêt.

Rien ne peut être laissé au hasard pour accueillir les milliers de fans impatients d’assister au spectacle de leurs idoles.

Nous avons tous déjà subis les conséquences désagréables, voire désastreuses, d’un événement mal organisé : le chef d’orchestre doit être à la hauteur !

Mais comment gérer son stress lorsque l’artiste principal annule sa représentation à la dernière minute, quand les éléments naturels se déchaînent, alors qu’un élément du décor s’écroule ou prend feu, ou qu’un travailleur se blesse grièvement ? …Dans un contexte de foule, prendre chaque décision avec sang-froid se révèle absolument crucial.

Après des années d’expérience et quelques centaines d’événements derrière moi, j’ai tiré 3 grandes leçons de ce fabuleux chaos qui me permettent de maintenir mon « stressomètre » à son niveau le plus bas.

Je n’aurai certainement jamais pris la peine de les partager avec vous, si je n’avais pas découvert le site habitudes-zen.net, où Olivier Roland, l’auteur, invite ses lecteurs à réfléchir sur les habitudes zen vécues dans leur domaine d’activités qu’ils pourraient dispenser dans le cadre d’un concours sur son site.

Alors, puisque je participe à ce concours-événement, allons-y !

Leçon numéro 1 : L’anticipation

Dans l’événementiel, comme dans notre quotidien, une des causes principales du stress, c’est lorsque les choses ne se passent pas comme nous l’avions prévu. Un embouteillage, une blessure, un chèque qui n’arrive pas, tous ces fameux impondérables qui viennent perturber notre quotidien.

Pour autant, faut-il ne rien prévoir pour rester zen ? Si je ne prévois rien, ne serai-je jamais stressé ?

Bien évidemment, non, au contraire ! Et ce, pour plusieurs raisons. D’abord, parce que lorsqu’un problème survient, et que nous aurions pu facilement l’anticiper, nous serons envahis par un sentiment de culpabilité qui ne fera qu’aggraver notre stress. À cela, s’ajoute le regard des autres qui nous jugeront, à juste titre, comme un incompétent voire un imbécile.

Se sentir idiot, jugé et coupable dans la tourmente de la gestion d’un imprévu est un sentiment affreux. Pas zen du tout !

À l’inverse, lorsque nous pouvons nous réconforter du fait que la situation était réellement imprévisible, à tort ou à raison d’ailleurs, cela nous crée un sentiment de confiance en nous qui nous permettra d’y faire face avec sérénité.

Ensuite, c’est une évidence, mais plus nous anticipons plus la probabilité que surgisse un imprévu diminue. Attention, elle diminue ! Elle ne sera jamais nulle.

C’est un état de choses, qu’il faut accepter. Car dans l’événementiel comme dans la vie, rien ne se passe jamais comme prévu. Alors que faire ?

Leçon numéro 2 : L’action et le lâcher prise

Dans un article publié sur habitudes-zen.net, Léo Babauta nous explique que « la cause principale du stress est de s’accrocher aux choses. Nous nous accrochons à l’espoir que ces choses se passeront comme nous l’avons prévu ou planifié, et nous devenons alors stressés en essayant de faire en sorte que ça arrive, ou frustrés lorsque les choses ne se passent pas comme nous le voulions. »

Ne pas s’accrocher aux choses, c’est lâcher prise, c’est accepter qu’une situation qui n’était pas prévue ait surgi et qu’elle est maintenant inéluctable.

L’inéluctable est un fait, il n’est ni bien, ni mal. Il est juste là, face à nous. Plutôt que de vouloir infléchir le cours des choses, il est bien plus sage d’accepter l’évidence.

Bien souvent, l’acceptation est un soulagement, puisque l’on va cesser de lutter contre l’inexorable : une bataille perdue d’avance. S’il on est face à un mur, il vaut mieux le contourner ou l’escalader plutôt que s’obstiner à vouloir le traverser.

Pour autant, lâcher prise ne veut pas dire ne rien faire. Au contraire, c’est dans l’action que réside notre salut.

Il y a quelques mois, la tête d’affiche qui devait clôturer un de mes festivals à Lisbonne atterrit avec 3 heures de retard, heure à laquelle il devait monter sur scène. J’étais un peu inquiet, mais l’aéroport étant proche, je me rassurais à l’idée qu’un retard d’une petite demie heure ne serait pas bien grave. Il arriva effectivement 20 minutes plus tard, seul, le reste de son équipe était toujours à l’aéroport dans l’attente de la livraison des bagages, dont les instruments de musique. Sauf que, trente minutes plus tard, son équipe nous rappelle devant un tourniquet de bagages vide, les instruments n’étaient toujours pas arrivés. Ils s’en allaient vers le service de gestion des bagages perdus. Dernier espoir.

Pendant un court laps de temps, j’ai agi comme Léo Babauta nous le décrit : je me suis accroché à l’espoir que tout se passerait comme prévu. J’ai aussi mentalement vérifié si j’avais pu anticiper, organiser un avion plus tôt, sans correspondance (ce qui réduit le risque de perte de bagages),  j’ai intérieurement passé mes nerfs sur l’employé en charge du planning des artistes, … tout en imaginant qu’il faudrait peut-être annoncer aux milliers de personnes du public, maintenant devenus impatients, que leur star ne se produirait pas ce soir …

Le « stressomètre » commençait à grimper sérieusement. C’est à ce moment que j’ai choisi d’accepter l’inéluctable : l’artiste ne montera pas sur scène. C’est ainsi. Je n’y peux rien. Il faut lâcher prise. Le simple fait de l’accepter fut pour moi un soulagement libérateur. Car lâcher prise me permit de commencer à agir sur la situation. Au lieu de me lamenter, d’espérer, d’appeler toutes les deux minutes l’aéroport, de râler sur mes employés, je me suis mis à fonctionner en mode « utile ».

S’il faut annuler, je dois mettre en place le protocole d’annulation (bien entendu fruit d’une certaine anticipation), prévoir et organiser les modalités de remboursement, mobiliser la sécurité pour éviter des possibles débordements, demander à un autre artiste présent de substituer, établir l’annonce qui sera faite au public, etc.

Dans l’action, notre stress disparaît, il est remplacé par une énergie positive, boostée à l’adrénaline, qui nous permet d’agir avec acuité et d’être efficace.

Le lâcher prise enclenche aussi une loi quasi-universelle, une sorte de loi de Murphy à l’inverse, qui implique que ce que vous venez d’abandonner finit par se produire. Oui, je vous le donne en mille, les instruments ont fini par apparaître, comme par magie, et le concert a finalement eu lieu.

Alors devant l’inéluctable, lâchez prise et prenez votre destin en main, agissez !

Leçon numéro 3 : L’empathie

J’ai également constaté que, bien souvent, notre stress est multiplié par les conséquences, réelles ou imaginaires, que la situation qui nous frustre aura sur les autres. Si nous ne pouvons rien faire face à un imprévu (ou ne savons pas encore quoi faire),  au moins nous pouvons agir, avec empathie, auprès de ceux qui en sont affectés.

Prenons l’exemple de ce pauvre Jean-Claude Camus, producteur de Johnny Hallyday. En septembre 1988, Johnny se produit au Stade de France devant 80.000 personnes. Des trombes de pluie s’abattent des heures durant sur les fans survoltés et sur les installations, notamment le système de son et le montage électrique qui sera finalement noyé: le concert est impossible. Le producteur finit par monter sur scène et communique à la foule «la mort dans l’âme» l’annulation du concert.

Nous imaginons l’angoisse qui devait ronger Camus durant les heures qui ont précédé cette annonce. Des heures passées à tergiverser sur comment annoncer la mauvaise nouvelle aux fans de Johnny. Il sait objectivement qu’il aurait du anticiper : qu’elle que soit la prévision météo, un concert doit pouvoir résister à la pluie, il n’a prévu aucune compensation pour le public, bref, son stress est à son comble. Tout ce temps perdu à tenter d’éviter l’inéluctable.

Il semble évident que s’il avait pris la décision d’intervenir plus vite, de faire son « mea culpa », de proposer une compensation satisfaisante, en d’autres mots, s’il avait pris la décision de faire preuve d’empathie envers cette foule qui attendait depuis des heures sous la pluie, il aurait traversé cette épreuve de manière beaucoup plus sereine.

Cette anecdote, quelque peu extrême, il est vrai, peut néanmoins s’appliquer à de nombreux exemples de la vie quotidienne.

Lorsque vous êtes en voiture, coincé dans un embouteillage, vous vous énervez, car la situation est désagréable. Mais si vous êtes attendus et que vous arriverez en retard, votre stress se décuple ! Alors plutôt que de jouer du klaxon, râler sur ce GPS qui ne vous a pas proposé de route alternative, mettez-vous un instant à la place de celui qui vous attend, passez-lui un coup de fil, excusez-vous, assurez-vous que votre retard ne lui causera pas trop de soucis. En un mot, faites preuve d’empathie. C’est un remède extraordinaire.

Voilà. Si nous observons notre vie comme une succession de petits événements, ces leçons tirées de l’événementiel pourraient bien s’appliquer à chacun d’entre nous.

The show must go on ! Alors soyez zen.

1 comment on “Rester zen en toutes circonstances: les 3 leçons tirées du monde chaotique de l’événementiel !

  1. Excellent article, on ne pense pas souvent à l’empathie quand on stress pour un retard, je vais garder ça en tête !

    Quel beau métier « organisateur d’événements » ça doit être hyper enrichissant une fois qu’on arrive à maîtriser le stress, c’est sympa les événements interblogueurs !

    Aimé par 1 personne

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